25 novembre 2020

Si l’on demandait à un citoyen pris au hasard ce que signifie pour lui le 25 novembre, nul doute que cela ne lui évoquerait pas grande chose sauf peut-être la Sainte Catherine s’il a gardé en mémoire de vieilles traditions… C’est pourtant la date choisie par les Nations Unies pour célébrer la Journée Internationale pour l’Elimination de la Violence contre les Femmes

 

Autrefois, les statues de sainte Catherine placées dans les églises étaient ornées d’une coiffe qui était renouvelée chaque année. Cette opération était le privilège des jeunes femmes âgées de plus de 25 ans et encore célibataires.

« A la Sainte Catherine, tout bois prend racine » dit un dicton bien connu des jardiniers. De là à planter tout et n’importe quoi, qu’il vente ou qu’il neige, pourvu que le calendrier affiche la date du 25 novembre… il y a un pas qu’il vaut mieux ne pas franchir !

Elle laissa sa copine et monta dans la voiture de Jean-Bernard. Au cours du trajet, Carolyne, impatiente, voulait en savoir plus et pressait Jean-Bernard de commencer à lui dévoiler ce qu’il attendait d’elle. Il lui expliqua les grandes lignes. Elle acquiesçait de la tête sans rien dire.

Installés confortablement dans un bar du centre ville, ils eurent du mal à s’entendre. Tous les bars de la ville

ffusaient le match de la coupe du monde au stade de la  la Beaujoire de Nantes, Japon -Croatie. Ils commandèrent deux cafés.

  • Ce que vous me proposez est très alléchant, mais je n’ai pas le moindre argent devant moi pour créer une société.
  • Au début ce n’est pas la peine de créer une S.a.r.l. Il suffit que vous vous enregistriez à la chambre de commerce en société personnelle à votre domicile. Il n’y a pas de capital à verser, seulement trois mille francs pour les frais d’enregistrement que je réglerai pour votre compte. Je vais établir un chèque de cinq mille francs. Cela vous permettra de voir venir.
  • C’est très gentil. Je crois que je vais accepter.
  • Je crois ?
  • Non, je vais me lancer. Une copine pourra m’aider ?
  • C’est votre problème.
  • Je ne vous remercierais jamais assez, dit-elle.
  • Attendez avant de me remercier. Ce qui est important, c’est de foncer et vous êtes capable de relever ce challenge. Lundi à dix huit heures trente, on se retrouve ici. Vous aurez de quoi travailler.

Jean-Bernard prit son chéquier et libella le chèque.

  • Je le mets à votre ordre. Carolyne …
  • Carolyne Blanchard. Ard.
  • Pour mon information, vous êtes de quelle origine ?
  • Des Nouvelles-Hébrides. Depuis 1980, c’est devenu Vanuatu. L’île qui s’élève au dessous de la mer.

Jean-Bernard avait du mal à situer ces îles. Elle le renseigna. Carolyne était métissée, grande, jolie avec des hautes pommettes et des grands yeux en amande.

  • je suis née en France. Mon père est français et était en

  

     poste comme coopérant à  Port-Vila, la capitale de l’île

de Vaté. Ma mère est une Mélanésienne.

  • Vous connaissez votre pays ?
  • J’irais certainement un jour, dit-elle en rêvant.

Jean-Bernard paya les consommations. La Croatie venait de marquer le seul but de la rencontre, maintenant c’était le pays à battre pour la France. Il raccompagna Carolyne à son domicile et fit un détour par la place de son village, pour constater l’avancement des installations pour la fête de la musique.