10 juillet 2019

suite

Sans frapper, il poussa la porte du bureau de Jean-Bernard. Sans y avoir été invité, il

                         

alla directement s’asseoir dans un des fauteuils disposés autour d’une table basse de travail. Sans une formule de politesse, la tête baissée, les yeux fixés sur une paire de lunette à double foyer qu’il avait entreprit de nettoyer avec le bas de sa cravate, il lança d’un ton arrogant.

  • Vous m’avez demandé ?
  • Bonjour quand même. J’ai appris par Sébastien que tu avais acheté sur le compte de la société le véhicule avec lequel tu viens d’arriver.
  • Oui et alors ?
  • Alors ! Tu n’as pas l’autorisation d’effectuer quoi que ce soit sans m’en avoir parlé et d’avoir le feu vert d’Elayna. Tu le sais bien. Oui ou non ?

Raoul se leva et évitant le regard de Jean-Bernard rétorqua.

  • C’est possible, mais à partir d’aujourd’hui, étant le gérant de la société, je fais ce que je veux.
  • Quoi ! Qu’est qui te prends ? Et notre accord !
  • Vous pouvez dire ce que vous voulez, c’est moi le gérant, un point c’est tout.

Sans attendre la réplique de Jean-Bernard, Raoul avait déjà tourné les talons et sortait de la pièce en claquant la porte. Raoul Ganelon était juridiquement gérant de la Sarl spécialisé dans le marketing publicitaire. Sa nomination statutaire n’était jusqu’à ce jour que purement honorifique. Son dévouement pour Jean-Bernard depuis près de trente ans l’avait amené depuis trois ans à cette fonction par reconnaissance. Et cela arrangeait foncièrement Jean-Bernard. Raoul avait été de tous les combats et de toutes les péripéties avant que Jean-Bernard ne cesse toute activité en 1981 et émigre au Luxembourg, en Asie puis en Afrique.